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Modernisation du réseau

Le programme des passes à poissons

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publié le 19 avril 2011 (modifié le 20 novembre 2017)

Le programme des passes à poissons sur le bassin de la Seine

Photo passe à poissons d’Andrésy (Yvelines)

Voies navigables de France gère des ouvrages ayant une réalité économique et écologique importante. En effet, ils sont indispensables au développement du transport fluvial, et doivent également s’inscrire dans la démarche de développement durable fixée par les lois du Grenelle de l’environnement. Aussi, pour faire de la voie d’eau “une route durable”, tant pour le transport que pour la faune, VNF participe à la sauvegarde de la biodiversité par la construction de passes à poissons.

carte des passes à poissons 2018

En créant des passes à poissons, parallèlement à l’amélioration continue de la qualité d’eau de la Seine depuis plusieurs années, VNF contribue à améliorer le potentiel écologique des rivières.

Pour les barrages existants sur la Seine aval, VNF équipe progressivement les ouvrages de passes à poissons. Par ailleurs, chaque nouveau barrage reconstruit par VNF est aujourd’hui équipé dès sa conception d’une passe à poissons.

Le programme Seine Aval

Le programme de restauration de la libre circulation des poissons migrateurs sur la Seine Aval jusqu’à la confluence de la Marne représente un investissement global d’environ 30 millions €, cofinancé à hauteur de 80 % conjointement par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, les fonds européens et les régions Haute-Normandie et Ile-de-France.

Les sept barrages de navigation entre Paris et Rouen seront à terme tous équipés d’une passe à poissons. Ils concernent les sites de Poses, Notre-Dame de la Garenne, Méricourt, Andrésy, Chatou, Bougival et Suresnes. Compte tenu de la largeur de la Seine, certains ouvrages viendront doubler les passes à poissons déjà existantes des centrales micro-électriques, afin d’optimiser la libre circulation piscicole sur cet itinéraire.

Le programme "Seine-Aval" s’inscrit dans le réseau d’actions du Comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI), comité animé par le Préfet coordonnateur de bassin et chargé d’établir les plans de gestion des poissons migrateurs en eau douce et en mer à l’échelle du bassin de la Seine. Bien que le retour du saumon atlantique sur la Seine soit l’objectif emblématique des actions du bassin, les passes à poissons doivent être également fonctionnelles pour les espèces sédentaires comme le brochet ou le gardon.

La règlementation piscicole

L’obligation de rétablir la libre circulation des poissons migrateurs sur la Seine est liée au classement du fleuve au titre de l’article L.432-6 du code de l’environnement, qui exige de pourvoir l’ensemble des ouvrages présents sur cet axe de dispositifs de franchissement adaptés, et à l’arrêté du 1er août 2002 fixant la liste des espèces migratrices de la Seine en aval de sa confluence avec la Marne.

Il oblige ainsi les maîtres d’ouvrage à prévoir des dispositifs assurant la circulation des poissons migrateurs répertoriés, tant à leur montaison qu’à leur dévalaison. D’autres textes réglementaires confortent cette obligation : la directive cadre européenne sur l’eau de 2000 et la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006.

Le principe d’une passe à poissons

L’objectif de ces ouvrages est d’obtenir un retour des poissons migrateurs sur la Seine : même si aujourd’hui on compte plus d’une trentaine d’espèces, certains migrateurs ont en effet disparu. Les poissons migrateurs "amphi-halins" (saumon, truite de mer, anguille, alose et lamproie) sont des espèces qui, pour se reproduire, ont besoin de se déplacer entre les eaux douces et la mer afin de réaliser complètement leur cycle biologique. De fait, toutes ces espèces se reproduisent en rivière et grossissent en mer sauf l’anguille, qui suit le processus inverse.

Le principe d’une passe à poissons est donc simple : il s’agit d’attirer les poissons à l’aval du barrage et de les inciter à passer par une voie d’eau artificielle qui contourne ce barrage. Pour qu’une passe puisse être considérée comme efficace, le poisson doit en trouver l’entrée, la franchir sans retard ni blessure préjudiciables à sa migration vers l’amont. Mais toutes les espèces migratrices n’ont pas les mêmes capacités physiques. La conception de passes à poissons doit donc prendre en compte les exigences biologiques de chacune. La vitesse du courant à l’intérieur du dispositif doit notamment être compatible avec les capacités de nage des poissons. Ainsi, les saumons préfèrent les courants forts alors que les anguilles affectionnent les eaux calmes. D’autres paramètres environnementaux comme les débits, la
teneur en oxygène dissous, la température, peuvent aussi s’avérer critiques pour attirer les poissons
dans les passes.

Les différents types de passes à poissons sur le bassin de la Seine

Face à la diversité des exigences biologiques de chaque espèce, on trouve une variété de passes à poissons sur le bassin de la Seine. Il existe des « passes à bassins », qui consistent à diviser la hauteur à franchir en plusieurs petites chutes formant une série de bassins. Tous les barrages reconstruits sur l’Oise sont équipés de passes à bassins. Il existe aussi « des passes rustiques à seuils » comme au barrage de Jaulnes, « des passes en rivière artificielle à seuils » à Andrésy ou des rampes à macrorugosités à Notre-Dame-de-la-Garenne.